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CARMF, CARPIMKO, CARCDSF, CAVP : comprendre vos cotisations de retraite

Chaque profession de santé libérale cotise à une caisse de retraite dédiée. Ces caisses — CARMF, CARPIMKO, CARCDSF, CAVP — sont autonomes, avec leurs règles, leurs taux, leurs droits à pension. Comprendre leur fonctionnement, c’est mieux anticiper sa trésorerie pendant l’exercice et sa retraite à 20-30 ans. Voici un tour d’horizon pratique.

Le principe commun : 3 étages de cotisation

Chaque caisse de profession libérale de santé applique une logique à trois étages :

  1. Régime de base : identique pour toutes les professions libérales (CNAVPL), assis sur le revenu professionnel.
  2. Régime complémentaire : spécifique à chaque caisse, avec classes ou taux selon le revenu.
  3. Régime supplémentaire (ASV, PCV, retraite capitalisation) : variable selon la profession, parfois obligatoire, parfois optionnel.

Total cotisations retraite : entre 10 % et 22 % du bénéfice imposable selon la profession et les choix (classes complémentaires).

CARMF — Médecins libéraux

La Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France couvre tous les médecins exerçant en libéral, y compris les secteurs 1 et 2, les remplaçants réguliers, et les retraités qui continuent à exercer.

  • Régime de base (CNAVPL) : 8,73 % du revenu jusqu’à 1 PASS (48 060 € en 2026), puis 1,87 % entre 1 et 5 PASS.
  • Régime complémentaire CARMF : 10 % des revenus dans la limite de 3,5 PASS (168 210 € en 2026).
  • ASV (Allocation Supplémentaire de Vieillesse) : part forfaitaire + part proportionnelle, avec participation partielle CPAM pour les conventionnés secteur 1.
  • Invalidité-décès : cotisation forfaitaire par classe (3 classes au choix).

Base de calcul : les cotisations 2026 sont assises sur les revenus N-2 (revenus 2024) pour les régimes complémentaire et ASV, avec régularisation définitive ensuite. Pour un médecin libéral à 140 000 € de BNC, la CARMF représente environ 20 000 €/an, tous régimes confondus. La CARMF est connue pour ses droits à pension élevés comparée au régime général à cotisation équivalente.

CARPIMKO — IDEL, kinés, pédicures-podologues, orthophonistes, orthoptistes

La Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des Infirmiers, Masseurs-Kinésithérapeutes, Pédicures-podologues, Orthophonistes et Orthoptistes couvre 5 professions paramédicales libérales. Réforme 2026 : le régime complémentaire est passé d’un système mixte (forfait + proportionnel) à un système intégralement proportionnel.

  • Régime de base (CNAVPL) : 8,23 % jusqu’à 1 PASS (48 060 €), puis 1,87 % entre 1 et 5 PASS.
  • Régime complémentaire CARPIMKO (2026) : 8,70 % proportionnel. Plancher de 2 091 €/an si assiette inférieure à 0,5 PASS (24 030 €) ; plafond de 12 544 €/an si assiette supérieure à 3 PASS (144 180 €).
  • Invalidité-décès : 1 022 €/an forfaitaire.
  • ASV (praticiens conventionnés) : 224 € forfait + 0,4 % des revenus conventionnés.

Pour un IDEL ou un kiné à 60 000 € de BNC, la CARPIMKO représente environ 10 500 €/an. La réforme 2026 a clarifié la lecture pour les libéraux débutants et mieux lissé les cotisations sur les hauts revenus.

CARCDSF — Chirurgiens-dentistes et sages-femmes

La Caisse Autonome de Retraite des Chirurgiens-Dentistes et des Sages-Femmes réunit deux professions distinctes sous une même caisse, avec des règles spécifiques par profession.

  • Régime de base (CNAVPL) : même logique 8,23 % + 1,87 % que les autres caisses libérales.
  • Régime complémentaire CARCDSF (2026, dentistes) : cotisation forfaitaire de 3 210,60 €/an (correspondant à 6 points de retraite) + cotisation proportionnelle de 11,35 % des revenus compris entre 0,65 PASS (31 239 €) et 5 PASS (240 300 €).
  • PCV — Prestations Complémentaires Vieillesse : cotisation spécifique aux praticiens conventionnés, partiellement prise en charge par l’Assurance Maladie.
  • Invalidité-décès : forfaitaire selon classe choisie.

Dispense possible : les chirurgiens-dentistes dont les revenus professionnels N-1 sont inférieurs à 11 500 € (500 fois la valeur du point C, soit 23 € en 2026) peuvent obtenir une dispense de la cotisation proportionnelle. Pour un dentiste à 175 000 € de BNC, la CARCDSF représente environ 24 000 €/an tous régimes confondus.

La valeur du point complémentaire est de 31,82 € en 2026 : c’est ce paramètre qui fixe le niveau futur de votre pension. Les sages-femmes disposent d’un barème proportionnel distinct, généralement plus favorable (revenus moyens moins élevés).

CAVP — Pharmaciens d’officine

La Caisse d’Assurance Vieillesse des Pharmaciens a une particularité unique parmi les caisses de profession libérale : une partie du régime complémentaire fonctionne par capitalisation individuelle, avec un rendement annuel voté par le conseil d’administration.

  • Régime de base (CNAVPL) : même logique 8,23 % + 1,87 % selon tranches PASS.
  • Régime complémentaire — part répartition : cotisation forfaitaire de 7 657 € en 2026 (taux d’appel de 105,4 % intégré, partiellement compensé par une baisse de CSG dès avril 2026).
  • Régime complémentaire — part capitalisation (RCC) : cotisation forfaitaire par tranches, de 2 906 € à 17 436 €/an (soit de 2 à 12 fois la cotisation de référence de 1 453 € en 2026), selon le revenu d’activité non salarié N-2. Taux de distribution voté à 3 % pour 2026.
  • Invalidité-décès : forfait selon classe.

Pour un pharmacien titulaire en officine à 180 000 € de BIC, la CAVP représente environ 22 000 €/an tous régimes confondus. Le volet capitalisation est un vrai plus : contrairement aux autres caisses 100 % répartition, il alimente un capital individuel que le pharmacien récupère à la retraite (sortie en rente). À arbitrer lors du choix de la tranche de cotisation.

Pourquoi ces caisses sont plus avantageuses que le régime général

Les caisses de profession libérale offrent en général des droits à pension supérieurs au régime général à cotisation équivalente, grâce à un calcul basé sur les revenus réels (non plafonnés par le PASS comme au régime général) et à une gestion plus efficiente.

La CAVP, avec son volet capitalisation, est particulièrement intéressante : elle combine répartition et capitalisation, réduisant la dépendance à l’équilibre démographique du régime.

Comment anticiper ces cotisations en trésorerie ?

  • Provisionner chaque mois 15 à 20 % de votre bénéfice prévisionnel sur un compte dédié.
  • Les 2 premières années, les cotisations sont forfaitaires bas. La régularisation tombe en N+2 et peut représenter 1 à 2 trimestres de revenus. Anticiper.
  • Les optimisations possibles : choix de la classe complémentaire (CARCDSF, CAVP), PER individuel complémentaire, Madelin retraite.

Nos recommandations sur les classes et options

Au Cabinet Berenfus, notre méthode :

  • Pour un dentiste en début de carrière avec revenus modérés : classe standard CARCDSF (éviter les classes élevées qui alourdissent la trésorerie avec des droits différés).
  • Pour un médecin en fin de carrière avec forts revenus : maximiser les versements ASV + Madelin pour la dernière ligne droite retraite.
  • Pour un pharmacien : exploiter pleinement le volet capitalisation CAVP (rendement meilleur que la répartition pure).
  • Pour tous : coupler caisse obligatoire + PER individuel pour lisser la pression fiscale pendant l’exercice et renforcer la retraite.

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Sources officielles

📅 Article mis à jour le 27 avril 2026. Les informations contenues dans cet article sont données à titre général et ne constituent pas un conseil personnalisé. Pour une analyse adaptée à votre situation, prenez rendez-vous avec un expert-comptable spécialisé.

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