Ouvrir son cabinet dentaire à Paris est un projet qui se prépare 12 à 18 mois à l’avance. Au-delà des aspects ordinaux et logistiques, le volet comptable et fiscal conditionne la viabilité économique des cinq premières années. Voici notre check-list complète, héritée de l’accompagnement de plusieurs primo-installations dans Paris intra-muros et en proche couronne.
Étape 1 — Choisir le mode d’installation
Trois schémas possibles pour un primo-installant à Paris :
- Reprise de patientèle existante : rachat d’un cabinet en activité (50 à 80 % du CA moyen 3 ans, plus la valeur du droit au bail et du matériel). Avantage : revenu immédiat dès J+1. Inconvénient : ticket d’entrée 200-400 k€ minimum à Paris.
- Création ex nihilo : trouver un local, négocier un bail, équiper de zéro. Avantage : liberté totale d’aménagement. Inconvénient : 12-24 mois de constitution de patientèle, BNC limité la première année.
- Collaboration libérale puis succession : intégrer un cabinet existant comme collaborateur, racheter progressivement (3-7 ans). Modèle hybride très pratiqué à Paris.
Étape 2 — Choisir la structure juridique
À l’installation, trois choix principaux :
- Exercice libéral en BNC (par défaut) : simplicité, pas de société à constituer, comptabilité de trésorerie. Recommandé si BNC prévisionnel < 100 k€/an les 2-3 premières années.
- SELARL : société d’exercice libéral à responsabilité limitée. À envisager si BNC > 150 k€/an, ou si projet de regroupement à plusieurs praticiens, ou si patrimoine professionnel à structurer dès l’origine.
- SCM avec un confrère : société civile de moyens pour mutualiser un local et du matériel sans fusion d’exercice. Très répandue à Paris où les locaux sont coûteux.
Notre recommandation pour un primo-installant : démarrer en BNC les 18-24 premiers mois, puis évaluer la bascule en SELARL sur la base des chiffres réels. Voir notre simulation chiffrée SELARL vs BNC (transposable au dentiste).
Étape 3 — Cadrer le financement
Une installation dentaire à Paris coûte typiquement entre 180 k€ et 450 k€ selon le profil :
- Reprise de patientèle : 100-300 k€ (financement dédié)
- Droit au bail / pas-de-porte : 30-150 k€ selon arrondissement (10e, 11e, 18e moins cher que 6e, 7e, 16e)
- Équipement médical (fauteuil + radiologie + autoclave + petit matériel) : 60-150 k€
- Travaux d’aménagement : 30-80 k€
- Trésorerie de démarrage (3-6 mois de charges) : 30-60 k€
Banques de référence : BPCE Pro, Crédit Agricole d’Île-de-France, Banque Populaire Rives de Paris. Toutes ont des offres dédiées professions médicales avec différé partiel et taux préférentiels. Pour un dossier solide, comptez un emprunt sur 7-10 ans avec différé de 6 mois.
Étape 4 — Anticiper les charges récurrentes
Une fois installé, les charges fixes mensuelles d’un cabinet dentaire parisien standard (1 fauteuil, 1 assistante) :
- Loyer + charges : 2 500 – 5 000 € HT/mois selon arrondissement
- Salaire assistante (CDI 35 h, conventionnel) : 2 500 – 3 000 € chargé
- RCP + assurance locaux : 200 – 350 €/mois
- Maintenance matériel + consommables : 500 – 1 200 €/mois
- Logiciel cabinet (Logos_w, Julie, Veasy, Dentolink) : 80 – 200 €/mois
- Honoraires comptables : 150 – 300 €/mois HT (BNC) ou 300 – 500 € (SELARL)
- Cotisations CARCDSF + URSSAF (provisionnelles) : 1 500 – 4 000 €/mois
Total charges fixes mensuelles : 8 000 – 15 000 €. Cela donne le seuil de CA mensuel minimum à atteindre pour équilibrer.
Étape 5 — Démarches administratives obligatoires
- Inscription au Conseil départemental de l’Ordre : dépôt du dossier au Conseil de l’Ordre des Chirurgiens-Dentistes de Paris (CDOCD75). Délai : 1-3 mois.
- Conventionnement CPAM : démarche en ligne via le site Ameli Pro. Délai : 2-4 semaines après l’inscription ordinale.
- Affiliation CARCDSF : automatique après inscription Ordre. Premiers appels de cotisations dès le trimestre suivant l’installation.
- Déclaration URSSAF : déclaration de début d’activité libérale auprès du CFE (formalité unifiée). Permet l’attribution du numéro SIRET.
- Déclaration de structure auprès de l’ARS si vous ouvrez un nouveau local (vs reprise de cabinet existant).
- Souscription assurance RCP obligatoire avant tout acte (MACSF, Le Sou Médical, etc.).
- Adhésion à un AGA (Association de Gestion Agréée) recommandée : non plus obligatoire depuis 2023 mais utile pour fiabiliser la 2035.
Étape 6 — Premières optimisations fiscales
- Amortissement du matériel : fauteuil, radio panoramique, scanner intra-oral, autoclave — tous amortissables sur 5 à 10 ans selon nature. Première année : ne pas oublier d’imputer.
- Crédit-bail vs achat : neutre fiscalement long terme, mais le crédit-bail soulage la trésorerie au démarrage. À simuler en fonction de votre apport.
- ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise) : exonération partielle de cotisations URSSAF la 1re année. Souvent oubliée par les primo-installants.
- Crédit d’impôt formation dirigeant : pour les formations DPC suivies dans l’année, jusqu’à ~500-1 500 €/an récupérables.
- CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) : exonération totale la 1re année civile d’installation. Penser à déclarer.
Étape 7 — Choisir son expert-comptable
Le bon expert-comptable pour un dentiste primo-installant à Paris coche au moins 4 cases :
- Spécialisation professions de santé libérales (BNC + caisses spécifiques)
- Maîtrise de l’arbitrage SELARL (moment de bascule, simulation chiffrée)
- Expérience installation : déjà accompagné des primo-installants en cabinet dentaire
- Disponibilité réelle (réponse sous 24-48h, pas seulement à la clôture annuelle)
Le Cabinet Berenfus accompagne les chirurgiens-dentistes de Paris et d’Île-de-France dans leur primo-installation, leur exercice quotidien, et leur transmission. Découvrir notre offre dédiée chirurgien-dentiste →
Synthèse — Calendrier 18 mois avant ouverture
- M-18 : décision installation, choix mode (reprise / création / collaboration)
- M-12 : recherche local + premiers contacts banque, montage business plan
- M-9 : choix structure juridique (BNC ou SELARL), démarches Ordre
- M-6 : signature bail / promesse de cession, montage financement définitif
- M-3 : commande équipement, recrutement assistante, CFE
- M-1 : assurance RCP, conventionnement CPAM, ouverture compte bancaire pro
- J-J : première patiente !
Sources officielles
- urssaf.fr — Auxiliaires médicaux
- CARCDSF — Caisse dentiste
- service-public.fr — ACRE
- impots.gouv.fr — BNC déclaration 2035
📅 Article mis à jour le 27 avril 2026. Les informations contenues dans cet article sont données à titre général et ne constituent pas un conseil personnalisé. Pour une analyse adaptée à votre situation, prenez rendez-vous avec un expert-comptable spécialisé.
Pour aller plus loin
- Expert-comptable spécialisé chirurgien-dentiste — Paris & IDF
- Expert-comptable dentiste Paris 17e
- SELARL, SCM, SCP : quelle structure juridique choisir ?
- BNC et déclaration 2035 : guide complet
- Demander un devis gratuit pour un projet d’installation →
⚠️ Réforme ACRE 2026. Pour toute installation à compter du 1er juillet 2026, le taux d’exonération ACRE de la 1re année passe de 50 % à 25 %. Les installations antérieures au 1er juillet 2026 conservent le taux de 50 %.